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HISTOIRE

La Préhistoire

La Préhistoire

Il y a quelques centaines de millions d'années, Les Pyrénées étaient déjà formés, de nombreux torrents faisaient dévaler des tonnes de rochers des montagnes vers la mer, les roulant continuellement, ce qui les arrondissaient, les aplanissaient. Le Canigou n'existait pas encore, il s'agissait d'une montagne jeune. Peu à peu les torrents impétueux se calment et se transforment en rivières plus tranquilles. Ils charrient non plus de la roche mais de l'argile, du sable, des petites roches. Ces sédiments se déposent dans la mer, qui se comble au fil du temps. Lentement, le niveau du fond de la mer monte. Dans le même temps, le changement de climat fait baisser le niveau de l'eau. Une vaste plaine fertile apparait, la plaine du Roussillon. En même temps le Canigou se forme, participant lui aussi à la montée du niveau du sol.


L'Homme de Tautavel

- 450 000 ans

L'Homme de Tautavel

Au cœur des Corbières, dans ce petit village niché au creux de la vallée du Verdouble, se trouve la Caune de l'Arago, grotte que deux groupes d'hommes préhistoriques sont venus habiter successivement, à approximativement 50 000 ans de différence. C'est dans cette grotte que l'on trouva en 1971 le célèbre "Homme de Tautavel" vieux de 450 000 ans, ce qui correspond à la première période d'habitation de la grotte. A peu près à 100m d'altitude, surplombant la vallée où se trouvent gibiers et baies, ce poste d'observation avait tout ce qu'il faut pour leur plaire. L'homme découvert date de 450 000 ans, c'était un jeune adulte d'une capacité de boîte crânienne de 1135 mm3. La structure des bouts de squelette retrouvés indique qu'il était plus résistant physiquement que nous le sommes aujourd’hui.


Les premiers carolingiens

Les premiers carolingiens

739 - XIIe siècle

Après la conquête franque des terres roussillonnaises, la région changea rapidement. Des moines vinrent sur place construire des grandes abbayes, puis sur les terrains alentours de nombreuses chapelles qui sont devenues, plus tard, les églises de nos villages. Cette époque est incertaine, dangereuse, mais constructive et fédératrice. D'un point de vue général les premiers comtés se mettent en place, la région se structure selon les règles occidentales. C'est à ce moment que commence le véritable peuplement de la région, dont les Catalans sont les héritiers.


Le royaume de Majorque

Le royaume de Majorque

XIIIe - XIVe siècle

Le royaume de Majorque est une entité autonome éphémère qui exista entre 1276 et 1344, en constante rivalité avec son voisin le comté de Catalogne. Cette période de l'histoire couvre les conquêtes catalanes de la Méditerranée,mais aussi les luttes de pouvoir des seigneurs locaux, devant choisir un camp entre les deux protagonistes. Les grandes villes du Roussillon et de la Cerdagne ont toutes été confrontées aux combats et aux représailles. Par contre c'est aussi une période faste pour Perpignan et sa région dans la mesure où elle fut choisie comme capitale continentale du nouveau royaume et bénéficia alors de nombreux savoir-faire techniques. L'économie se développa rapidement, entraînant un accroissement du niveau de vie et de la population.

La renaissance

La renaissance

XVIe - XVIIe siècle

Le XVIe siècle en Roussillon est intimement lié à l'histoire de la Catalogne, dont il fait partie. Le rapprochement entre la Castille et la Catalogne est de plus en plus inévitable, et un autre évènement vient bouleverser la région : La découverte de l'Amérique. Cette découverte entraîne l'afflux d'or dans la région, et du coup également l'arrivée des bandolers, ces détrousseurs qui savaient comment s'assurer du silence des populations. Le XVIIe siècle voit les Français devenir maîtres du Roussillon, puis officialiser cette annexion par le traité des Pyrénées, le fameux traité qui séparera la Catalogne en deux et qui est à l'origine de la séparation de la Catalogne Nord, le Roussillon et la Cerdagne, du reste du comté.


Le Roussillon français

Le Roussillon français

XVIIe - XVIIIe siècle

En 1659 le traité des Pyrénées est signé, c'est lui qui sépare définitivement la Catalogne en deux. A partir de là commence une période passionnante pour la population locale, puisqu'il s'agit pour eux de conserver les acquis de la domination catalane tout en s'intégrant dans le système politique centralisateur de la France. Cette confrontation a engendré de nombreux morts, mais des deux côtés, avant que n'arrive la révolution française et ses doléances bien éloignées de ce qu'elles furent dans d'autres régions du pays. Cette période est aussi marquée par la disparition des institutions catalanes au profit de la souveraineté du royaume de France.


La guerre de 1793

La guerre de 1793

Peu de français savent de nos jours que la France fut en guerre entre 1793 et 1795. Ce fut pourtant le cas, face à l'Espagne. L'un des problèmes majeurs côté français était qu'à cette époque nous étions encore en train de créer la république, et il fallut tout le savoir-faire de conventionnels locaux pour obtenir une armée pour repousser les espagnols, envahisseurs. La guerre fit rage dans la plaine du Roussillon en 1793, avant de réussir à les repousser l'année suivante. En 1795 la guerre se déroula de l'autre côté des Pyrénées, puis une armistice fut signée, pour finir cette guerre étrange.


La retirada

La retirada

1936 jusqu’en 1939

Le XXe siècle n'est pas la période la moins intéressante de l'histoire des Pyrénées-Orientales. Entre la démolition des remparts de Perpignan, désormais inutiles, et la crise viticole, les évènements s'enchaînent. L'épisode le plus connu par ici est aussi l'un des plus dramatiques que nous connaissons : La retirada, c'est la fuite des républicains espagnols face à l'avancé des troupes de Franco. Les Pyrénées-Orientales sont le seul point de passage, car les soldats franquistes sont déjà au Pays basque et en Aragon, sur tout le reste des Pyrénées. C'est donc un raz-de-marée humain qui déferle en quelques jours sur le Roussillon . Les historiens s'accordent aujourd'hui sur le nombre de 450.000 personnes, soit trois fois plus que la population des Pyrénées-Orientales à l'époque . Les Espagnols passent par le Perthus ou par les cols, Prats-de-Mollo ou la Cerdagne. C'est ici que se sont installés un grand nombre d'espagnols, dès qu'ils purent sortir des camps construits pour cette occasion ou durant la guerre. D'ailleurs plusieurs sites historiques témoignent encore de ce passé relativement récent.

valmanya

Valmanya ou le village martyr

de la Résistance catalane.

L'activité de ce village situé dans la région naturelle du Conflent, à l'est de Vernet-les-Bains était entièrement tournée vers l'exploitation du fer du Canigou et l'industrie métallurgique. Valmanya possédait une forge qui fonctionnait grâce au système des trompes des Pyrénées. Le gros de l’activité se situa entre 1901 et 1930. La fermeture des mines de La Pinouse dans les années 1930 entraîna un exode rural.

La deuxième guerre mondiale éclate.

Abdon Robert Casso, communément appelé le général Casso fonde avec son père Abdon Sennen Casso, assisté de l'instituteur du village, René Horte, un réseau de résistance dénommé Sainte Jeanne en 1941. En juillet 1944, le maquis FTP Henri Barbusse, composé de Résistants français et de guérilleros espagnols, s'installe dans les anciennes mines de fer de la Pinosa au-dessus de Valmanya. De là, ce maquis mène une opération sur la trésorerie de Prades. Ils s’emparent des fonds nécessaires à leurs activités et de trois collaborateurs qui sont fusillés.

Les 1er et 2 août 1944, des troupes allemandes mènent une opération de représailles sur Valmanya, informés de l'emplacement du maquis. Les maquisards et résistants du Réseau Sainte Jeanne, sur leurs gardes, mettent en place des postes de surveillance. Voyant le convoi allemand arriver de Vinça, ils l'attaquent à 500 mètres du village.

En retardant les Allemands et les miliciens, le maquis permet à la population de fuir dans la montagne. À l'exception toutefois de deux personnes âgées et de deux ouvriers espagnols. Jacques Romeu, Pierre-Jean Beaux, Emitièro Barrena et José Gimeno sont arrêtés, suppliciés et fusillés. Une jeune veuve, habitant dans une ferme isolée, subit de son côté les violences de soldats ivres. Valmanya est entièrement pillé, incendié. Les animaux abattus en masse.

valmanya

Le 3 août, une partie des Allemands et des miliciens redescendent sur Vinça. Deux kilomètres après Baillestavy, ils sont attaqués à la grenade par un groupe commandé par René Horte, l'instituteur de Valmanya.

Julien Panchot, chef du maquis Henri-Barbusse, fut blessé, torturé et achevé par les Allemands et les miliciens. François Cabaussel, un jeune maquisard originaire de Prades, est porté disparu.

Abdon Sennen Casso, père d'Abdon Robert Casso, est fait prisonnier par les Allemands pour être finalement déporté au camp de Buchenwald. Maria Carmen Bartoli déportée et morte en déportation à Ravensbruck.

Le 11 novembre 1948, Max LEJEUNE, secrétaire d'État aux forces Armées «Guerre, cite à l'ordre du Corps d'Armée, le village de Valmanya, à l'attribution de la Croix de Guerre avec Etoile de Vermeil.

Une plaque installée dans une « grotte », près de Valmanya, commémore l’attaque du village, sa destruction, les quatre exécutions (2-3 août 1944) ainsi que les déportés pour faits de résistance. Les noms de Julien Panchot et de François Cabaussel y figurent également. La destruction de Valmanya, les combats des 1 et 2 août 1944 et la mort de Julien Panchot, solennellement commémorés chaque année sont parmi les événements des années 1940-1944 qui, dans les Pyrénées-Orientales, ceux qui ont laissé un souvenir tenace et profond dans la mémoire populaire locale.