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La pêche côtière en Pays Catalan ou des techniques ancestrales.

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La pêche à la senne ou

« pêche à l’art »

Dans les Pyrénées-Orientales, la pêche à la senne est une technique de pêche très ancienne qui consiste à capturer les poissons à la surface en pleine eau en l'encerclant à l'aide d'un filet, calé par le pêcheur et son bateau à environ 300 mètres du bord. La barque alors décrit un arc de cercle et retourne sur la plage, en tirant toujours son filet.

Ce filet ayant la forme d'un arc de cercle, était ensuite ramené au bord à la force des bras. Ensuite, il suffit de trier les poissons qui ont été pris au piège dans le filet.

Depuis quelques années, l'été, quelques communes notamment Barcarès proposent de revivre la pratique de cette technique....


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La pêche au "lamparo" ou

« pêche au feu »

Dans la seconde moitié du XIXe siècle, Espagnols et Italiens utilisaient de façon courante les “feux” pour diverses pêches la nuit. C’est ainsi que les Italiens inventèrent le filet tournant à fermeture par glissière ; très tôt, les Espagnols suivirent.

En France, les autorités craignant un accroissement incontrôlé des prises, interdirent la pratique de cette pêche au “feu”. Les prud’homies catalanes "communautés de patrons pêcheurs " et l’abondance des bancs de sardines, anchois ..., réussirent à obtenir le 30 janvier 1926 l’autorisation pour le “Roussillon” de pratiquer la pêche au lamparo avec le filet tournant à fermeture par glissière, au-delà des trois milles de la côte.

De plus, les Roussillonnais bénéficièrent du savoir faire de leurs amis Catalans du sud. Mais c’est surtout après la guerre civile d’Espagne que ces Catalans furent les initiateurs de la pêche au lamparo, notamment en Côte Vermeille. Ils devinrent des résidents permanents avec leurs familles, Beaucoup de femmes étaient des remmailleuses de filets.

La pêche au lamparo se pratique de nuit. Elle nécessite deux embarcations : la barque de pêche, dégréée pour laisser la place aux 8 membres d’équipages, et un bateau "feu". Ce dernier est un canot doté à l’arrière de deux lampes à vapeur d’essence qui, une fois allumées, attirent le poisson "bleu". La barque de pêche entourait alors à l’aide d’un grand filet tournant le bateau-feu pour enfermer le poisson. C’est le fougater, le matelot du bateau-feu, qui en fonction des bulles d’air qu’il perçoit à la surface de l’eau appelle le patron pour caler le filet.

Cependant, le prix de vente du poisson qui ne cessait de baisser, a forcé les pêcheurs à réduire leur activité. À partir de 1956, les barques sont de moins en moins nombreuses. Puis la modernisation des bateaux autour de 1960 marque la fin de la pêche au lamparo à bord des barques catalanes. Ceux qui continuent de pêcher embarquent à Port-Vendres sur des chalutiers ou des lamparos modernes, bateaux plus gros équipés de sondeurs.

Cette pratique presque centenaire est en voie de disparition. Il ne reste que trois ou quatre équipages qui l'exercent encore dans les Pyrénées-Orientales alors qu'ils étaient une quarantaine dans les années 50.

Le saviez-vous : Notre-Dame de Consolation est une barque catalane à voile latine, construite en 1913 par le chantier naval Laurent Ferrer de Collioure et armée à la pêche jusqu'en 1988. Son immatriculation est PV 310949 (quartier maritime de Port-Vendres). Notre-Dame de Consolation fait l'objet d'un classement au titre des monuments historiques depuis le 21 mai 1992.

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La pêche au sardinal

Un autre type de pêche était très pratiqué sur les côtes Radieuse et Vermeille, la pêche au sardinal.

Depuis le 13 octobre 1565, l’emploi du filet sardinal est autorisé à toutes les prud’homies, sous réserve du respect des règlements sur la taille du maillage. Le filet sardinal, fait partie des arts dormants, il ne nécessite donc pas une forte traction. Cette pêche était basée sur le déplacement des bancs de poissons, obligeant les pêcheurs à sortir deux fois dans la journée : à l’alba "lever du soleil" et à la prima "le soir".

Les poissons étaient sortis du filet sur la plage et triès dans des cobecs "paniers" pour la vente aux enchères, qui se faisait directement sur la plage. Les villages des Pyrénées-Orientales n'étant dotés de port que très récemment, les pêcheurs tiraient leurs barques quotidiennement sur la plage. vant l’installation des treuils électriques, les barques étaient hâlées à la force des bras de plus d’une dizaine d’hommes.

D’avril à mi-octobre, les pêcheurs partaient à la poursuite des sardines, des anchois et des maquereaux. Les autres mois de l’année les pêcheurs de la côte Vermeille allaient travailler à la vigne, tandis que ceux de la côte Radieuse allaient pêcher sur les étangs. La pêche au sardinal a été abandonnée après la guerre de 39-45, lorsque la technique de la pêche au lamparo avec le filet tournant a été bien maîtrisée.


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Les cabanes des pêcheurs

ou "barracas"

Sur le bord de l'étang de Canet, 10 cabanes en bois roseaux, ont été réhabilitées en 1993 avec des matériaux traditionnels en raison de leur résistance et leur étanchéité. Grâce, à leurs formes arrondies, elles résistent à la Tramontane.

Elles étaient isolées contre la pluie, le vent, mais également fraîches et bien ventilées l'été. Les matériaux qui la composaient, provenaient en grande partie de récupération : - morceaux de bois rejetés par la mer ou par les rivières, - roseaux 'senill' coupés au bord de l'étang. La recherche de roseaux d'un diamètre convenable obligeait quelquefois les constructeurs à chercher sur d'autres rives ce qu'ils ne pouvaient pas trouver localement.

Une fois coupés, les roseaux étaient mis à sécher pendant une quinzaine de jours en fonction du temps. Ensuite, ils étaient liés avec de la ficelle ou du fil de fer pour former des claies longues de plusieurs mètres ayant plusieurs rangs d'épaisseurs. Les parois extérieures étaient ensuite édifiées avec ces claies en roseaux puis fixées sur l'armature en se superposant partiellement. À l'intérieur, on trouvait 3 pièces cloisonnées au moyen de claies en roseaux : une remise où l'on entreposait le matériel de pêche, une chambre sommairement aménagée et une pièce centrale (séjour et cuisine).


La durée de vie d'une cabane, selon le soin apporté à sa construction et au remplacement périodique des claies usagées, variait de 18 à 25 ans.

En l'espace de 30 ans, l'image des baraques a changé de manière radicale. Détruites au nom des impératifs touristico-urbanistique dans les années 1970, la cabane de pêcheur de Coudalère a été réhabilitée symboliquement par le classement Monuments Historiques en 1994. La Baraque Cabrol quant à elle, installée à l'abri des regards sur la presqu'île de la Roquette de l'étang de Salses-le-Château, est classée Monuments Historiques depuis le 10 septembre 2013.

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