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TRADITIONS

La sardane

La Sardane Catalane

ou invitation à faire la fête

"Quelle est jolie la sardane, que l’on danse main dans la main, du pays des tramontanes, elle vole jusqu’au pays voisin", chantait Charles Trenet.

La sardane actuelle est née, au milieu du XIXe siècle, sous l’impulsion d’un musicien de Figueres nommé Pep Ventura qui reforme la sardane et la cobla pour lui donner son amplitude actuelle. Elle se danse en cercles. Attention aux pas courts et longs qui s’enchaînent avec précision sur une musique entraînante, jouée par la cobla. La cobla, ensemble instrumental catalan qui utilise petite flûte à bec "fabiol ", tambourin "tamborí", cousin du hautbois "tibles", autre cousin du hautbois "tenores" , trompette "trompeta", trombones "trombó", et "fiscorns" ... La sardane commence toujours par une introduction d'appel à la danse exécutée par le flabiol et le tamborí. Chaque sardane est composée de deux airs musicaux différents : celui des « pas courts » et celui des « pas longs ».

Bien que très souvent dansée avec des vêtements courants de tous les jours, les danseurs peuvent revêtir les tenues traditionnelles catalanes : - la barretina pour les hommes et la coiffe pour les femmes, - la faixa (ceinture pour les hommes), une jupe pour les dames, etc. - et vigatanes pour tout le monde, "espadrilles catalanes" où le dessus de pied est traditionnellement fait de rubans tressés qui s’enroulent autour de la cheville et se nouent au-dessus.

Véritable invitation à faire la fête, la Sardane elle fut interdite en Espagne durant le franquisme comme beaucoup d'expressions de l'identité catalane, mais beaucoup de Catalans la dansaient tout de même, jusque devant la cathédrale de Barcelone.

"Ce soir combien d’amourettes vont éclore dans les cœurs de vingt ans, combien vont perdre la tête, pour toi sardane du pays catalan… ", (Charles Trenet).


Muere_Peret

La rumba catalane

Dans la Barcelone des années 1950 les artistes gitans dont Antonio Gonzalez « El Pescailla » et Los Amayas, vont être les créateurs de la rumba gitane catalane, un genre musical nouveau qui fait partie des nouvelles musiques urbaines de cette époque. La rumba gitane catalane, griffée aux accents du flamenco et des musiques caraïbes, va inonder le monde des musiciens gitans catalans en France. Les Gipsy Kings ou le groupe perpignanais Tekameli la populariseront en France.

Son plus fervent représentant est Peret, de son vrai nom Pedro Pubill Calaf, inventeur du ventilador ou l'art qui consiste à taper la guitare avec la main droite alors qu'on en gratte les cordes. La rumba catalane mélange les ingrédients de la rumba flamenca, du son et du mambo, mais également du rock.

Depuis 2015, un collectif d’associations, d’artistes et de chercheurs de Catalogne nord et sud, s’est engagé dans un projet en vue de demander l’inscription de la rumba catalane sur la liste représentative du Patrimoine Culturel Immatériel de l’Unesco. Les populations gitanes du sud de la France et de Catalogne ont joué un rôle clé dans la création et le développement de cette esthétique musicale. Le département des Pyrénées Orientales est considéré comme la « porte d’entrée » de la rumba catalane en France, avant qu’elle ne s‘étende dans le grand sud et au delà.

Le 24 juillet 2015, le Parlement de Catalogne accorde à la rumba catalane le statut de Patrimoine d'intérêt culturel et musical de Catalogne.

Tato Garcia, Rumba Coumo, Los Compadres , en autre, défendent régulièrement la candidature de la rumba catalane à l'Unesco.

Un clip réalisé dans le cadre des ateliers de l'association Les films Buenaventura en partenariat avec la Ludothèque Rabelais. Musique enregistrée à la Casa Musicale. Rumba catalana.


Les Castellers

Les Castellers

Les "Castellers", du mot catalan "Castell" (château), sont des édificateurs de tours humaines. Il s'agit d'une tradition ayant pour origine les "travaux d'Hercule", des danses athlétiques de la fin du Moyen-âge qui se pratiquait dans toute l'Europe méridionale. Le principe consiste à former une tour humaine à partir d'une base, la "pinya", une sorte de mêlée compacte, sur laquelle vont s'ajouter les étages. En général, 6 étapes représentent une bonne tour, 7 voire 8 sont des tours exceptionnelles. On a vu quelques tours à 9 étages, mais c'est vraiment une chose rare. Chaque étage est formé de 3 ou 4 castellers qui se superposent jusqu'à l'agulla (le sommet), traditionnellement tenu par un enfant. ("nin" ou "nina", on l'appelle l'enxaneta). Depuis quelques années les colles sont de plus en plus nombreuses en catalogne Nord. Les deux les plus connues sont les "Castellers du Riberal" (à Baho), et "Els Angelets del Vallespir" (St Jean Pla de Corts).


L´âne catalan

L´âne catalan (ruc català)

L´âne catalan est le symbole non officiel de la Catalogne du Nord. Face a l´imposant taureau espagnol, les Catalans ont choisi un un symbole pacifique dote d´une force de volonté propre a son identité.C´est un symbole de l´indépendance des Catalans et de leur origine, force et détermination. En réalité, l´âne catalan est une grande race d´ânes très ancienne. Elle a été le fleuron de la Catalogne et comptait environ 50´000 têtes. De nos jours, il ne reste que 500 exemplaires de race pure. La taille de cet âne peut atteindre 1.65m au garrot pour les mâles. Sa couleur est bai brun avec le ventre , les naseaux et le tour des yeux blancs.

Herbas_de_la_Sant_Joan

La légende des

" Herbas de la Sant Joan"

Une jeune bergère, aimait un pauvre bûcheron charbonnier. Après avoir cueilli un bouquet des herbes merveilleuses, elle le cloua en croix devant la porte comme il était d'usage en ce temps. Mais ce jour-là, exceptionnellement, ses parents étaient absents et la jeune bergère était seule à la maison.

Elle vit arriver le pauvre bûcheron qui hésitait devant la porte de la ferme et s'arrêta sur le perron.

" Qu'as-tu ? Pourquoi n'entres-tu pas ? " demanda elle.

" C'est à cause de ça " répondit le bûcheron en regardant fixement le bouquet en croix sur la porte. " Je n'ose pas "

" Est-ce la croix des herbes de la Saint-Jean qui te gène ? Tu n'as pas à avoir peur, c'est pour chasser le démon que je les ai clouées sur la porte."

"Ah ! Pour chasser le démon ? " demanda le bûcheron ennuyé.

" Écoute bien , je vais te confier un secret. Je suis le démon et je voulais ton âme. "

À ces mots, la bergère se signa et le démon disparut dans un nuage de fumée.


Bouquet_de_st-jean

La tradition du

bouquet de Sant Joan

La légende veut que pour concocter ce bouquet, il soit fait de plantes magiques, cueillies à l'aurore par une main pure sachant tresser ou croiser les plantes, afin d'être accroché à la porte, permettant ainsi de démasquer et de faire fuir les esprits maléfiques.

Selon les anciens, le bouquet de la Saint Jean (Sant Joan) peut être composé, de 3, 7 ou 21 plantes médicinales. Elles puiseraient leurs forces, leurs vertus, leurs énergies, du soleil à son apogée lors du solstice d'Été. Il doit être cueilli avant l'aube du jour de la Saint-Jean. Les herbes principales sont l'immortelle, le millepertuis et trois feuilles de noyer.

Le bouquet ne doit pas être gardé pour soi, mais donné à une personne que l'on aime qui l'accrochera au linteau de sa porte. Là, il captera les énergies négatives et assurera santé, bonheur et longévité aux habitants de la maisonnée.

Surtout n'achetez pas le bouquet, il n'aurait alors plus les mêmes vertus, mais faites-le-vous offrir ...

Enfin, le bouquet de l'année précédente est jeté dans le feu de la St-Jean le 23 juin, jour du solstice d'été.


Focs de Sant Joan

Feu sacré pour nuit d’été,

les "Focs de Sant Joan"

Alors que la tradition de la fête de la Saint-Jean se perd dans beaucoup de régions françaises, elle est suivie avec beaucoup de ferveur dans les Pyrénées-Orientales...

Elle est réapparue dans les années 50, après la Seconde Guerre mondiale. La population des Pyrénées-Orientales voulant renouer avec cette tradition, avait choisi Notre Dame de la Salut, près de Pia, pour y installer le feu de la St-Jean. Mais rapidement il y eu trop de monde, alors on multiplia les feux un peu partout, et on prit l'habitude de les faire aux sommets des collines, puis du Canigou.

1955, c'est la première fois que le feu est véritablement vu de partout en Roussillon, bien que modestement.

1956, les montagnards qui y grimpent sont chargés de petits fagots de 2 Kg portant les noms des villages qui y participent.

1957, il y a encore plus de monde qui accepta de monter au sommet, ce qui impliqua que le feu fut plus grand, donc encore mieux vu. En parallèle d'autres personnes eurent la fantastique idée d'allumer des feux sur les tours à signaux.

1958, un comité départemental organise l'illumination du département.

1960, les Catalans du Nord reçoivent les premiers fagots de Catalogne du Sud, et même des Baléares.

Dans les années 60, Mr Jean Iglésis, Président du Cercle des Jeunes sera à l'origine de l'évolution de la tradition telle qu'elle se déroule de nos jours.

La " Trobada". Chaque année, le week-end avant la Saint-Jean, les villages de Catalogne montent un petit fagot de sarments à la croix du Pic du Canigou. Cette année, elle aura lieu les 15 et 16 juin 2019.

La "Regeneració". Trois montagnards du cercle des jeunes de Perpignan portent la “ flamme" au Canigou ( Petite flamme permanente gardée toute l’année au musée de la Casa Pairal au Castillet à Perpignan, pour rallumer le feu du Canigó. Elle y est "régénérée" le 22 juin à minuit. Cette flamme est ensuite distribuée et descendue dans chaque village catalan.

La "nit de la St Joan". La nuit du 23 juin vers 22 heures, la lueur de l'embrasement des fagots du Canigou grâce à la Flama del Canigó, est le signal d'allumage de tous les feux du Roussillon.

Site officiel de la "Flama del canigo"